Vous avez ouvert vos beaux paquets, joué avec vos nouveaux jouets, jeté les emballages (sauf les plus beaux, ça peut toujours servir), fini de digérer les huîtres, les gambas, le chapon (ha ha ha, suivez mon regard d'alsacienne) et la bûche ?
C'était bien ? Prêts pour le prochain round dans une semaine ?
A Nagoya, le Père Noël est crevé crevé crevé. Pensez, 120 millions de Japonais à servir en une nuit ! Il n'a même pas réussi à retrouver ses rennes avec cette foule et s'est écroulé devant la pizzeria (alors là, c'est sûr, les Italiens et leur cuisine sont les number one dans le monde ! le nombre de restaus italiens au Japon est phénoménal et leur fréquentation... voyez plutôt la queue !)
Notre pauvre Papa Noël (ah Tino) s'est finalement réveillé et a réussi à se traîner jusqu'à son chalet. Mais impossible de remettre la main sur ses clefs. Il se rendort aussi sec (à moins qu'il soit carrément mort ??? non, c'est pas possible, pas ça ).
Pour nous deux, le soir du 24 a quand même été l'occasion d'un festin offert par Maman qui a délié les cordons de sa bourse pour nous faire oublier le mal du pays. (Elle n'a pas idée de ce à quoi ressemblent nos 24 décembre pondichériens habituels). A l'origine, on était invité à dîner avec Papa et elle, mais finalement ils se sont dégonflé et se sont contenté de nous réserver le restau et de payer le menu à l'avance. On n'a eu qu'à s'asseoir et déguster, bien tranquilles tous les deux ! Le pied.
Le plat c'était shabu shabu, c'est-à-dire la fondue japonaise, viande de boeuf coupée en tranches très fines façon carpaccio et légumes trempés dans une marmite de bouillon d'algues. A cela s'ajoutent deux petites sauces divines, l'une au vinaigre japonais assaisonné d'un petit râpé de radis et carottes, l'autre à la crème de sésame façon Tehina avec purée d'ail. Bien entendu le radis et le vinaigre n'ont qu'un lointain rapport avec leurs frères français. Bien plus fin et délicat ici, il faut l'avouer.
Mais avant ça, on a eu droit à une entrée de fugu. C'est quoi le fugu ? J'en ai trouvé une description précise sur Internet:
Le fugu, ou encore poisson-lune ou poisson-globe est un luxueux mets traditionnel particulièrement apprécié au Japon. Il se dénomme ainsi car son apparence prend la forme d'un globe lorsqu’il se sent menacé. Ce poisson de la famille des tetraodontidés est quasiment un symbole. On en retrouve des représentations graphiques sur nombre de devanture de restaurants, de livres et de recettes de cuisines…
La particularité et l’attrait pour certains de ce poisson viennent de sa toxicité. En effet le foie, les ovaires et les intestins de ce poisson contiennent une neurotoxine dénommée tétrodotoxine dont l’ingestion provoque une paralysie foudroyante des systèmes respiratoire et nerveux. Pour ajouter au charme de ce charmant poisson-globe, sachez qu’il n’existe aucun antidote.
Chaque année quelques gourmets décèdent de ce pêché mortel (3 personnes en 2003).
L’intérêt essentiel de la dégustation du fugu réside dans le risque encouru par les gourmets amateurs de sensation forte.
La préparation du fugu est un art particulier nécessitant une formation validée depuis 1958 par un diplôme d’Etat délivré par le ministère de la Santé. Une mauvaise découpe de ce poisson libère les neurotoxines contenues dans ses viscères et empoisonne la chair. La licence ne s'obtient qu'après un examen, au cours duquel le cuisinier doit préparer puis déguster lui-même ce plat : s'il ne s'empoisonne pas, il obtient le diplôme. Les organes contenant les toxines mortelles sont interdites à la consommation depuis 1983.
Attention cependant aux prix qui peuvent être parfois plus douloureux que l’expérience gustative elle-même. Selon la qualité de l’établissement choisi, les prix s’étaleront pour un menu au fugu de 55 à 2500€ .
Intéressant, n'est-ce pas ? Donc, après le tremblement de terre, nous avons échappé à un nouveau danger, l'empoisonnement ! façon Litvinenko.
Hormis le frisson, je dois avouer que je n'ai pas réellement apprécié le mets. La chair est ferme limite coriace et le goût... ben... je le cherche toujours ! Trop fin pour mon palais gâté par l'abus d'épices et de tabac peut-être.
Ces restrictions mises à part, je suis quand même ravie d'avoir testé ce plat mythique que je ne me serais jamais payé moi-même, bien sûr !
Après le shabu shabu, il y a encore eu l'inévitable bol de riz avec ses petits légumes au vinaigre et quelques kishimen cuites dans le bouillon restant. Ce sont de grosses pâtes plates, une spécialité nagoyenne.
Autant vous dire qu'on n'en pouvait plus, un vrai repas de Noël. Exotique certes.
Pour finir, à la place de la bûche, on a eu droit à une petite glace au thé vert. On avait découvert cette délicatesse à l'hôtel Saito à la montagne. Délicieux.
On a arrosé tout ça de deux petites flasques de saké chaud, non compris dans l'addition prépayée.
Voilà. Vous n'y avez pas coupé. C'est normal, le lendemain de Noël, on parle toujours de bouffe.
J'allais oublier les photos de l'animal:
On n'arrête pas le progrès...
mimi
et
jicé
au
japon


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